top of page
Rechercher

Wedding Day

  • L.
  • 26 janv. 2021
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 22 août 2021

"Un pied devant l'autre. Etait-ce si dur pour qu'elle réfléchisse et se dise cela? Un pied devant l'autre. Elle avait la gorge nouée. Avait-elle pris la bonne décision? Qui peut le savoir. Elle savait que dès lors qu'elle serait devant l'autel la plupart de ses doutes et de ses incertitudes disparaitraient. Certes ce n'était pas un mariage d'amour comme elle l'entendait mais elle devait faire honneur à sa famille. Un mariage de raison. Pour la famille. Elle avançait la tête haute. Elle était en haut des escaliers.


Il avait hésité à se lever ce matin là. C'était le jour J. Le grand jour J. Non pas le sien, mais le sien à Elle. Il jeta un œil sur le faire part qui traînait dans un coin de son appartement et son regard s'arrêta sur une photo. Il la prit dans ses mains et la regarda quelques instants. Son sang ne fit qu'un tour. La photo n'avait pas encore touché le sol que la porte de son appartement claquait sur lui.


Elle était toujours en haut de son escalier. Elle savait qu'elle devait avancer lorsque résonnerait la musique. Les doutes subsistaient en elle. Elle les sentait s'immiscer jusqu'au plus profond de son être. Elle n'entendit pas tout de suite les violons qui jouaient. Son cerveau était occupé à autre chose.


Il était au volant, avait à peine eu le temps d'enfiler son costume. Les chiffres du compteur défilaient. 180. 200. 220. Il le fallait. Il lui restait encore 5 kilomètres. Le moteur rugissait, sa mustang avalait le bitume avec une facilité déconcertante. Le soleil baignait sur l'océan. 11h12. Plus vite...


Enfin elle émergea à la 2ème reprise. Un pied devant l'autre. Une marche à la fois. Elle commença à descendre. Une marche à la fois. Elle n'entendait quasiment pas la musique. Seul le bruissement de sa robe sur les escaliers et le claquement de ses talons résonnaient à ses oreilles. Une marche à la fois.


Il entendit avant tout le bruit des violons au moment où il se garait. Il se précipita à l'intérieur de la villa. Rien ne pouvait l'arrêter. Son cœur était en flamme, son âme brillait de mille feux. Il passa une pièce, puis une autre, renversa un vase qui alla se briser en mille morceaux. Merde. Il passa une porte, puis une autre..


Elle se stoppa net. Quelque chose venait de se briser dans la pièce d'à côté. Les violons jouaient toujours au loin. Mais ils étaient indistincts. Son cœur s'était arrêté. Curieuse elle descendit une marche, puis une autre. Elle devait être à la moitié de l'escalier..


Quand il la vit. Quand elle le vit.


Elle était divine, un ange tombé du ciel. Il était essoufflé, les cheveux en batailles. Elle dans sa robe blanche, ressemblant à une princesse de conte de fée, une reine, sa reine.


Il était dans un costume enfilé à la va vite, mais il était incroyablement beau, d'une beauté singulière et cavalière, un prince, son prince.


Elle semblait rayonner. Il semblait briller.


Il sourit. Elle sourit.


Il monta une marche. Elle en descendit deux.


Elle était parfaite, ses yeux flamboyaient, elle souriait comme si le monde venait de retrouver sa couleur, comme si le temps n'existait plus dans cette bulle qu'ils avaient créé.


Il était en contrebas, parfait, ses yeux brillaient, elle savait qu'elle était à ce moment la plus belle femme du monde pour lui comme il était l'homme le plus séduisant du monde pour elle.

Il tendit un bras. Elle ne descendit pas les marches une par une. Elle semblait voler et fut dans ses bras en une seconde.


Il la regardait. Elle le regardait.


Lorsque leur lèvres se touchèrent, son cœur explosa. Son cœur explosa aussi.


Le monde était en flammes, le temps était ralenti, il ressentait sa douceur, elle ressentait son amour.


Le bouquet n'avait même pas touché le sol que le moteur rugissait. Les témoins dirent qu'ils retrouvèrent le bouquet au bas de l'escalier, et des traces de pneus sur le parvis de la villa. D'autres dirent qu'ils avaient vu une mustang noire partir de la villa en trombe filant vers l'Est. Personne n'entendit plus jamais parler de la mariée. Elle avait trouvé sa voie, elle avait trouvé son chemin et lui son trésor et sa raison de vivre.


Il écrasa l'accélérateur et ils disparurent à travers le temps."




 
 
 

Commentaires


Post: Blog2_Post

Formulaire d'abonnement

Merci pour votre envoi !

©2021 par Les Poètes Maudits. Créé avec Wix.com

bottom of page