Pardonne moi mes offenses.
- L.
- 7 janv. 2021
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« Je te demande pardon. Tu me manques. Je t’adore. Always & Forever. »
Je ne sais pas combien de fois j’ai écrit ce foutu message. En réalité je mens, je l’ai écrit 32 fois. Et je l’ai effacé autant de fois.
« Pourquoi ? Par fierté ? Par égo ? En réalité je n’en sais rien. Non c’est vrai. Je n’en ai fichtrement aucune idée. Pourquoi ne pas te l’envoyer, te balancer cette vérité brute à la tête et me foutre des conséquences comme avant ? Parce que je ne me fiche plus des conséquences de mes paroles, de mes actes. La douleur, l’auto flagellation, la peine, l’échec, les blessures sont des gros moteurs d’initiation du changement dans la vie d’une personne. Comment je le sais ? Parce que j’ai eu mal, quelque fois, que je me suis auto flagellé, souvent, parce que j’ai ressenti de la peine, rarement, parce que j’ai échoué, une fois et parce que j’ai été blessé, une fois ou deux. Et à chaque fois j’ai du me réinventer, ou j’ai changé d’air, ou j’ai changé de vie. J’ai menti quelques fois, jamais pour de bonnes raisons et pour cause, je ne sais pas mentir. Mais je perdure dans ma connerie. Je souris car le fait que je ne sache pas mentir fait de moi quelqu’un de vertueux à qui on peut faire confiance. Et c’est peut être ça qui déçoit en fin de compte, quand j’essaie de mentir en m’enfonçant dans ma connerie, tout en sachant que ça ne tiendra jamais. J’ai encore un sourire aux lèvres, je me suis trouvé pathétique. Bref quoiqu’il en soit j’ai encore appuyé sur la touche « effacer » jusqu’à ce que ces mots disparaissent de mon écran.
Je pense à Toi, souvent. Si par « souvent » je veux sous entendre, une fois par jour quand je me réveille jusqu’à ce que je me rendorme, alors oui ça arrive souvent. Pourquoi ? Non pas que je tremble d’amour pour toi, tout ça n’a rien à voir avec l’amour au sens où le commun des mortels l’entend. Ces blablateries fantaisistes sur un amour passionnel ne m’inspirent qu’une crainte inconditionnelle et une répulsion à l’heure actuelle qui ne regardent que moi et mes échecs passés. Non on parle plutôt d’une amitié sans bornes, une camaraderie des âmes. Pourquoi tenter d’expliquer quelque chose d’aussi complexe ?
Quelle différence entre l’amour et l’amitié ? Autant de définitions que de personnes pour en donner. Je pense que j’aime me perdre dans les contextes en ce moment, ne pas penser à ce qui n’est plus. Je me perds dans des tonnes de distractions afin d’éviter d’y penser. Le boulot, les jeux, les livres, les séries. Je passe mon temps, non plus à flâner, mais à occuper mon esprit le plus possible afin de ne pas le laisser errer, afin d’éviter qu’il ne me rappelle constamment ceci. Oh parfois il vagabonde encore, et il m’arrive parfois de croire en six choses impossibles avant le petit-déjeuner et d’avoir trois idées tout en autant impossibles juste avant le déjeuner. Mais là encore, je me contiens car ce fourbe d’esprit a une tendance à revenir à ce qui me manque.
Je suis un loup solitaire, je ne suis pas matérialiste et je n’ai besoin de personnes consciemment. Même si inconsciemment ce n’est pas tout à fait vrai ni même tout à fait réaliste. Mais cependant je me suffis à moi-même, je tire mon énergie de ma propre force intérieure et on peut dire qu’elle brûle très fort. En cela je suis tranquille. Parfois je me sens seul, je n’ai pas beaucoup d’amis, ni n’ai même jamais éprouvé le besoin d’être entouré de plein de gens. L’amitié est souvent intéressée. Savoir ce qu’on peut s’apporter l’un à l’autre. J’ai parfois du mal à comprendre et voir ce qu’on peut m’apporter, mon esprit logique, implacable et froid est assez imaginatif quant à la possibilité de trouver ou inventer ce que je peux avoir besoin. Et ce qu’il ne peut inventer il le trouvera ou fabriquera une équivalente compensation. Néanmoins, je me dois de l’avouer, tu crées un grand vide par ton absence. C’est une expérience inédite et tout à fait perturbantes. Et même si je prends tout ce qui compose et entoure ma vie comme une expérience scientifique afin de résoudre et trouver des solutions à des problématiques personnelles il me faut avouer une fois de plus que cette perturbation est inexplicable et ce même en retournant le problème dans tous les sens. Serait-ce cela que l’on nomme affection inconditionnelle ?
Je ne suis qu’un être humain, je n’ai pas toutes les réponses et à mon grand malheur je ne les aurais jamais. Je chemine sur une route parsemée d’embûches, de problématiques, de questions et autres mystères en cherchant au fur et à mesure la vérité et un peu de sagesse. J’ai compris que tout est question d’intention et d’interprétation dans tout ce qui touche aux relations entre les êtres humains et que le facteur temps est une constante perpétuelle à l’acceptation de certains faits ainsi qu’au déni de ces mêmes faits. Même si l’intention de blesser ou de faire le mal n’est pas présente chez l’un, l’interprétation de l’autre sur ce même événement est bien différente. Il n’y a aucune façon de remédier à cette ambivalence, ni aucun moyen de l’oublier une fois qu’elle existe dans un esprit. »
Voilà ce que je me dis à chacune des 32 fois où j’ai écrit ce foutu message et à chacune des 32 fois où je l’ai supprimé. Des pensées, des images, des bruits, des odeurs, des conversations me martèlent le crâne à la vitesse de l’éclair pour chaque lettre qui disparaît de mon écran. J’en arrive quelques fois à penser que tout aurait été différent car je n’aurais pas dû être présent ce jour là. Pourtant je n’ai aucun regret. Et je ne veux pas en avoir. Donc, je te demande pardon, tu me manques et je t’adore. Always & Forever."





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