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Love is wicked

  • L.
  • 25 juil. 2021
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 22 août 2021

"Il arrive que parfois deux mondes entrent en collision. Je ne parle pas sur plan astrophysique. Je parle de deux personnes qui n’étaient jamais vouées à se rencontrer dans cette vie où dans les suivantes. Je parle ici d’une femme, promise à la grandeur, qui la porte au plus profond de son être, célèbre dans sa profession, côtoyant le gratin de ce monde, un environnement orné de strass, de paillettes, de gloire et de célébrité, belle comme le jour, désirée et désirable, faisant envier les courtisanes, et ses courbes faisant fantasmer ses prétendants secrets, au sourire ravageur, aux yeux de biche, au rire cristallin, à l’âme brillante, au cœur généreux et à la délicatesse ainsi qu’à l’allure d’une reine et d’un homme, tout ce qu’il y a de plus simple, sans allure particulière, sans aucun goût pour la mode, plongé dans ses livres et sa science, modeste ingénieur, avec ses ambitions et ses rêves, ses défauts et ses limites, qui ressemble à tout un chacun sans se démarquer et sans aucune volonté d’acquérir un quelconque pouvoir sur autrui.


Ces deux mondes n’auraient jamais dû se rencontrer. Pourtant c’est ce qu’ils ont fait. Une vaste farce, pour tous ceux qui y croient, du destin, et surtout une vaste farce faite à ce pauvre homme tout simple qui n’avait rien demandé à personne.


Que pouvais-je faire d’autre ? Je sais que nos différents mondes font de moi un paria. Mais que pouvais-je faire d’autres. Je ne l’envie pas non. Je n’envie pas son monde non plus. Il n’y a jamais eu d’envie en moi, même si comme tout un chacun je suis l’esclave de ma nature humaine et des défauts qui la composent. Jamais l’envie, la volonté d’exercer un quelconque pouvoir, ni même celle de faire du mal consciemment à autrui, aucun de ses défauts en réalité ne m’a traversé l’esprit. J’en ai bien d’autres, mon impétuosité, ma tendance facile à l’exaspération, l’absence de patience dans de nombreux cas ainsi que ma franchise absolue ainsi que mon tempérament m’ont valu des déconvenues. Malgré cela je ne suis plus apaisé, dans cet état constant d’équilibre dans lequel j’ai pu être pendant ces années de guérison. Un état où je n’étais ni heureux, ni malheureux, juste à l’équilibre de l’existence. Je trouvais et trouve mon bonheur dans le fait d’être en vie, de voir ce que je vois, de m’extasier sur des choses simples. Je n’ai besoin de rien d’autre.


Enfin je le croyais.


Tout au fond de moi je sens une douleur sourde, comme si chaque micro fibre de mon cœur était lacérée par un poignard. J’aimerais lui en vouloir de ressentir cela, mais en quoi serait-ce de sa faute. Elle n’a jamais demandé à ce qu’un vulgaire et tout simple petit homme ressente ce qu’il ressent pour elle. J’hésite beaucoup, je perds le fil de mes textes. Je me perds de plus en plus dans mes pensées, mon attention est ailleurs. Je sens l’orage et la tempête qui font rage dans mon esprit, mon instinct ne sait plus où donner de la tête, entre la douleur, la douceur, la peine, le bonheur. Mon cerveau est en ébullition, calculant méthodiquement chacun des scénarios possibles. Alerte spoiler, aucun ne m’est favorable. Chacun arrache douloureusement des lambeaux de mon âme. Cependant, mon cerveau froid et imperméable à toutes les émotions continue implacablement à évaluer toutes les possibilités. Mon cœur quant à lui est silencieux, c’est bien le seul, bien qu’il te soit acquis, il se mure dans le mutisme le plus absolu. Comme s’il était résigné, prêt à attendre le verdict de la raison. C’est un magnifique chaotique orchestre de non décision, de peurs irrationnelles, d’espoirs, de désespoir, de tristesse, de sentiments, de joie, de peine, qui est en train de produire un macabre requiem sur la plus grande scène de tous les temps.


Cela fait des mois que la foudre a frappé, des mois que je n’ai plus eu de paix au fin fond de mon esprit. Alors parfois je ferme les yeux et j’imagine que je m’envole, loin de mon monde, loin du tien, je vole par-dessus les immeubles, puis les nuages, je monte encore, encore plus haut, toujours plus haut, et enfin j’arrive dans l’espace. Là-haut, plus rien ne compte, devant moi l’immensité du néant le plus absolu et le plus infini. Je baisse les yeux, et j’observe le monde de là-haut ainsi que le soleil qui se lève. Plus de tumultueux orage, plus de macabre requiem. Juste trois mots qui résonnent une seule et unique fois, comme un glas.


Et enfin le silence."


 
 
 

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