top of page
Rechercher

La voie des Ombres

  • L.
  • 8 mars 2021
  • 4 min de lecture

Dernière mise à jour : 22 août 2021

« Il y a deux raisons dans ce monde pour lesquelles je ne fais pas confiance aux gens lorsqu’il s’agit de choses importantes notamment d’Amour. La première est extrêmement simple : je ne les connais pas. La seconde est en réalité très simple également.

Parce que je les connais. »


Je marche parmi les ombres depuis plus longtemps que je ne le pense ou bien même que je n’ose l’avouer. Pourquoi me demandera-t-on. Pour la même raison que tous les autres. Il s’agit toujours de la même raison encore et encore après des dizaines de milliers d’années. L’amour. Une femme. La femme. A l’époque elle éclipsait toutes les autres. Un premier amour. On ne parle pas ici de beauté, mais de tout un ensemble de chose qui font qu’elle illuminait le monde. Bien sûr qu’elle était aussi belle qu’un jour d’été. Mais nous sommes au-delà de la beauté.


Choisissez l’histoire qui vous convient. J’ai échoué. Elle a échoué. Nous avons échoué. Quel que soit le point de vue du narrateur, il y aura toujours un fautif. Peut-être est-ce moi. Ou non. De toute manière on s’en moque un peu d’à qui la faute dans ces moments-là. Tout ce que je sais c’est que j’ai perdu autant confiance en moi que dans le monde qui m’entoure. Le monde a changé autour de moi. Il s’est teinté de nuances de gris et a perdu sa couleur. J’ai découvert un univers autre que celui que je connaissais. Un univers de douleur, de souffrance et de solitude. Un monde des ombres.


J’ai eu du mal à naviguer parmi les ombres au début. Je m’y suis un peu trop aventuré, et comme tout un chacun, j’y ai succombé. J’étais en colère. Sombre. Je ne me sentais pas en sécurité et je ne savais comment y remédier. J’espérais surtout pouvoir contrôler mes démons avant que ces derniers ne prennent le contrôle de mon cœur. J’étais perdu et seul. Ce fut une période très dure, mais je n’aime pas en parler. Une période de pouvoir et de destruction, une période de souffrances et de manipulations. Je mentirais si je disais que je n’ai pris aucun plaisir durant ces moments où je déchaînais les enfers selon mon bon vouloir. On ne se rend pas vraiment compte de la puissance des ombres que lorsque l’on se retrouve plongé à l’intérieur. Elles nous ouvrent des possibilités, une absence de conscience, une absence d’humanité. Mais toujours la solitude qui m’a accompagné partout. Elle était oppressante et je ne la comprenais pas à ce moment là donc je me perdais en distraction afin de la fuir le plus loin possible. Mais au final j’ai réussi à revenir à l’origine. Je marche parmi les ombres et j’ai appris d’elles et de la solitude. J’ai appris à survivre et à me battre psychiquement parlant. J’ai appris à ne me servir que de ce dont j’avais besoin et de ce qu’il y avait autour de moi. J’ai appris que mon esprit pouvait devenir une arme redoutable. J’ai appris que je me suffisais à moi-même et que l’on a davantage besoin d’oxygène que d’amour. Cependant ne vous y trompez pas une vie sans amour n’est pas une vie. Mais parfois nous n’avons pas le choix. Certains ne peuvent pas être aimés. Je ne dis pas ici que je n’aimerais jamais plus. Mais les expériences m’ont montré qu’une âme fragmentée était parfois trop brisée pour pouvoir être réparée et ainsi ne pourrait pas fusionner avec une autre. J’ai aimé au-delà de ce que je pensais être la limite d’un amour inconditionnel une fois. Peut être trouverais-je une âme qui saura me sauver et que j’aimerais d’un amour éternel et inconditionnel dans toutes les vies qui suivront. J’aimerais y croire.


Je n’ai jamais dit ces 3 mots et ces 7 lettres à qui que ce soit à un niveau purement amoureux du fin fond de mon âme. Je pense que je n’en aurais jamais l’occasion. C’est ainsi lorsque le monde nous a pris jusqu’à la dernière goutte de notre lumière et qu’il nous laisse sans rien d’autres que les regrets et les fragments d’un passé que l’on sait révolu à jamais. Alors on se perd une fois de plus en distractions, on adopte la solitude comme une amie qui ne nous quittera jamais et on continue à arpenter le chemin des ombres. Parce que c’est ainsi et parce que c’est la seule voie que l’on accepte. Il y a ces instants où je me rappelle des douleurs du passé, des souffrances que j’ai infligées, de ces moments où je tenais au creux de ma main les espoirs, et les rêves de mes victimes. Et il me suffisait de serrer le poing pour les voir se briser et être réduits en poussière. Alors je note les noms de chacune d’entre elle dans un livre afin de me rappeler ceux que j’ai blessé dans ma période la plus sombre, et cela me rappelle qu’à la fin, je suis et je finirai, invariablement et immuablement seul avec mes démons.



Image "Le Faux coupable" Alfred HITCHCOCK

 
 
 

Commentaires


Post: Blog2_Post

Formulaire d'abonnement

Merci pour votre envoi !

©2021 par Les Poètes Maudits. Créé avec Wix.com

bottom of page