Everybody wants to rule the World
- L.
- 24 janv. 2022
- 5 min de lecture
Le monde des rêves est un monde à part. Nous sommes des dieux et des déesses dans notre inconscient, nous créons des mondes qui nous appartiennent et nous faisons fonctionner ces mondes en fonction des règles que nous voulons imposer. Nous sommes tous des créateurs, que vous vous souveniez ou non de vos rêves les plus fous, les plus simples ou même les plus rocambolesques. Bien sûr que les rêves ont une signification, mais n’attendez pas de quelqu’un qu’il vous explique vos rêves, analysez les vous-mêmes et trouvez vous-mêmes vos explications. Et si je peux vous donner un conseil, continuer de rêver, et réalisez vos rêves. A moi, il m’arrive de rêver à l’impossible. Alors j’essaie de devenir l’impossible. Et n’oubliez jamais, que vous êtes des dieux et des déesses dans ces mondes que vous créez. Alors continuez à créer des mondes qui vous ressemblent.
Pour ma part, le monde que je me suis créé est toujours le même. Je plonge à travers l’infini de l’espace lorsque je m’endors, je me vois flotter dans le vide de la galaxie, entouré par des milliards et des milliards d’étoiles. Puis je me mets à voler, au travers de l’espace et du temps, je traverse des milliers d’étoiles et peut être même de mondes habités et inconnus. Ces étoiles changent et évoluent en fonction de là où je plonge lorsque je m’endors, mais j’arrive parfaitement à retrouver ma route au sein de cet infini. Quelque chose en moi m’appelle et me guide jusqu’à ma destination finale, l’endroit où je sais que je vais atterrir comme toutes les autres fois depuis deux ans maintenant.
Pourquoi je ne fais que ce rêve-là ? Très bonne question. Poursuivons.
Je continue encore et encore jusqu’à arriver à cette planète bleue qui ressemble à s’y méprendre à la Terre. Ma création a une certaine ressemblance spatiale avec la position de la Terre par rapport au Soleil. Pourquoi aurais-je changé quoique ce soit à cette perfection absolue de l’espace. Quoiqu’il en soit, ce monde que je survole est rempli de mille et unes couleurs. Ne subsiste que la Nature dans son état brut et originel. Bien sûr que j’y ai reproduit chacune des villes de notre monde qu’elle soit minuscule ou gigantesque mais la Nature y a repris ses droits. Avez-vous imaginé l’Empire State Building recouvert de verdure et de lierre grimpant le long de ses façades, ou même la Tour Eiffel au milieu d’une immense forêt. Et bien voilà à quoi ressemble mon monde. Il n’y a que la Nature, les animaux et les constructions, aucun humain, aucune technologie qui fonctionne, aucune pollution. Ce monde est d’une pureté absolue. Et il me convient ainsi. Alors comme toujours je vole au-dessus de ce monde que je me suis créé, et j’en fais le tour encore et encore afin d’en admirer tous les détails. Puis je repars pour ma destination finale, mon temple, mon havre de paix.
Comme à chaque fois j’y arrive alors que le jour se termine. Ce jardin secret se situe sur un immense plateau qui domine une forêt à sa gauche, qui fait concurrence à des massifs montagneux dans le lointain sur la droite et surplombe un océan droit devant. Sur ce plateau, en bord de falaise, un rocher immense sur lequel je m’assieds afin d’observer chaque jour le plus magnifique des couchers de soleil et le dernier rayon vert du crépuscule. A chaque fois que je vois ce spectacle de la Nature je ne peux m’empêcher d’être émerveillé. C’est alors à ce moment là que je m’assieds en tailleur, repliant mes ailes dans mon dos et que je prends mon épée pour l’appuyer contre mon épaule. Je veille sur le monde que j’ai créé et je veille sur le plus précieux de tous les trésors. Car au pied de ce rocher il y a un lit. Un lit sans fioritures, sans baldaquin, juste un lit posé sur le sol, les draps sont d’un blanc immaculé et pur. Dans ce lit repose la plus incroyable, la plus belle et la plus fabuleuse des créatures de l’univers. Elle n’est pas de ma création. Elle existe au-delà de la réalité, des rêves, du temps et de l’espace. Elle repose dans ce lit immaculé et Elle dort. La Femme. Elle dort paisiblement, de ce sommeil pur. Rêve-t-elle ? De quoi ? A quoi pense-t-elle ? Sa peau lisse et ses traits fins ne laissent rien deviner de ce qu’elle ressent et pense. Son visage comme son cœur est un océan de mystères qui me trouble au plus haut point. Chaque nuit je la veille, chaque nuit je vois le monde autour de moi qui vit au rythme de la nuit qui a pris ses droits. Parfois je la regarde quelques instants, et devant sa troublante et non moins somptueuse beauté, je suis fasciné. Fasciné parce que cette Femme me rend à la fois beaucoup plus fort mais aussi vulnérable à Elle. Fasciné parce qu’elle fait passer toutes les autres femmes pour des seconds choix. Fasciné parce que je préfère vivre que mourir pour Elle.
Je n’ai jamais d’ailleurs compris pourquoi les hommes voudraient mourir pour les femmes qu’ils aiment plutôt que vivre avec elles.
Je connais chacun de ses traits par cœur. Je pense que c’est pour cela qu’elle semble aussi réelle dans mon rêve. Jusqu’à la couleur flamboyante de sa chevelure en passant par les traits fins et délicats de ses pommettes, ses douces lèvres, son menton, son nez. Tout n’est que délicatesse dans son visage. Tout lui donne l’air altier de reine qu’Elle est. Le reste de son corps n’a rien à envier à ce visage d’ange. Mais pourquoi le décrirais-je de toute façon il est sous un drap. Elle est là, allongée telle une déesse, à dormir au milieu d’un monde que j’ai créé et sur lequel je veille.
Alors je me mets à divaguer, mes yeux perdus sur le lointain de l’océan. Je l’imagine un jour se réveiller. Je fantasme qu’un jour Elle me voit. Moi. Comment le pourrait-Elle. Mais je le rêve au sein de mon rêve, et dans ce rêve je la vois Elle, Elle s’assied à mes côtés sur ce rocher. Elle ne le sait pas encore, et même si je suis un Dieu dans le monde que je me suis créé, Elle, Elle est la Reine de mon univers, elle règne en souveraine absolue sur mon cœur. Je ne possède presque rien. Quelques trucs par ci par là, des projets plein la tête, des rêves à ne plus savoir qu’en faire, un amour sincère dans le cœur, un esprit affuté, un humour étrange, une passion pour la Vie et une âme simple. Mais tout ce que je possède est déjà à Elle. Et c’est l’aube qui me tire de ma rêverie. J’assiste au plus beau des levers de soleil. Je sais qu’il est temps de partir. Alors je me lève, et je tourne les yeux vers Elle. Je sais que je vais la retrouver le soir même. Je déploie mes ailes et je m’envole alors au-dessus de ce monde que j’ai créé. Puis je vole plus haut, plus vite, je retraverse les étoiles, les galaxies et les mondes potentiellement habités et inconnus. Puis je m’arrête alors que je plane dans le néant absolu, dans l’infinité de l’univers et je ferme les yeux.





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