Bim Bam Boum...
- L.
- 11 sept. 2014
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 22 août 2021
Je suis gentil et cordial. Je ne fais pas de vague. Je fais « oui-oui » de la tête face à tous vos agissements plus ou moins stupides sur les réseaux sociaux. Mais j’en peux plus. Même si ma vie c’est pas forcément de la merde, je l’échangerai bien volontiers contre celle du Roi du Maroc, de Belgique ou du Texas. Parce qu’on y mange bien quand même. Franchement, vous me balancez au visage vos vies HYPER saines et HYPER équilibrées, vos plateaux repas bio-végétariens-régime pour tous, vos kilométrages de footing sponsorisés par Nike run j’sais pas quoi et vos selfies pourlingues à peine sortis de la salle de sport. Détendez-vous tous. Je reconnais, au début, j’ai complexé. Normal, je suis sensible et mon emploi du temps est différent du votre. Ça ne veut pas dire qu’au réveil, j’écarte naturellement les sachets de McDo de mon dernier repas en amoureux solitaire ainsi que les cartons de pizzas qui s’accumulent depuis France-Portugal (…2006).
Par contre, c’est vrai que je trempe mes tartines au beurre dans mon Nesquick, que je bois de l'alcool (c’est très mal) et que j’allume mon ordi pour télécharger les séries dont tout le monde parle, « The Walking Stranger Dead Things». En même temps, si je ne le fais pas, j’ai l’air d’un gros naze ignare lors d’un brunch à 35 euros. Ah oui, aussi, j’avoue que j’espionne aussi parfois les gens soit-disant trop frais pour moi sur Facebook. Par pour autant que je culpabilise. Vu que je suis ouvert d’esprit, j’ai quand même essayé votre truc, aller courir histoire de me sentir comme le monde égocentrique des réseaux sociaux dans lequel je vis. Dans Paris, au Forum des Halles un samedi aprem’, pour être sûr que tout le monde voit bien mon Galaxy S7 accroché à mon biceps. Au bout de 15 minutes passées à piétiner comme un con et à respirer les sécrétions de vos scooters, j’ai fini par vomir dans une poussette. Elle était vide. Qu’on soit clair, j’appelle personne à bouffer comme un chancre et à basculer dans le n’importe quoi culinaire sans pratiquer aucune activité physique. J’dis pas que c’est mauvais tes conneries, c’est même bon pour la santé, on est tous d’accord. Mais bordel, t’es qui pour faire d’« un esprit saint dans un corps saint » notre seule ligne de conduite à tous ?! On va tous décéder un jour de toute façon, hein. T’es qui pour affirmer que les hachis parmentier surgelés sont mauvais pour l’humanité (et la race chevaline) ?!
J’arrête de vous-voyer. Ça ne sert à rien. Pas entre nous. Tu viens de courir 15km ? T’as perdu 500 grammes ? Dans ton assiette il y a de la roquette du marché ? Du Tofu sans OGM de Fukushima ? C’est bien, t’as sûrement le cul qui brille. Moi, j’en ai plein les bourses de ta pression sociale, de ta tyrannie du citoyen Tinder modèle, de ta drogue de l’esthétisme parfait et sans relief. Ma légère bedaine sponso-JäggerBomb et Coca, planche de saucisson option paquet de chips, je l’arbore sans soucis. Aujourd’hui, je propose donc une contre-culture dans laquelle les vrais gens ou les gens vrais, enfin décomplexés de ce qu’on nous inculque, seront mis sur le devant de la scène pendant que la crème fraiche 0% sera dénoncée comme l’infamie qu’elle est. À une époque, j’avais même écrit à André-Pierre Gignac pour qu’il devienne le parrain de mon asso, mais il a viré de bord le con. Il a préféré redevenir un sportif de haut niveau. Même Zak Galafkiaghjkenjhikis… le mec de Very Bad Trip là, a chopé la folie de la taille de guêpe ! C’est quoi votre délire à tous ?
Soyez prêts. Ça va arriver. Je vais commencer par Instagrammer des assiettes de pâtes au beurre et au ketchup, mes séances de sport sur la PS4 et pour rétablir la norme, avoir quelques cernes, un look qui ne suit pas vos standards, une coupe de cheveux et une barbe vraiment négligées, quelques kilos certainement superflus et faire des trucs socialement inacceptables comme bien manger et surtout vivre en grande quantité. Dans mon prochain tweet, je ne sortirai pas du Yoga, mais plutôt du Burger King de Saint-Lazare ou de chez Memère Paulette parce que j’aurais sûrement un peu abusé la veille. Là-bas, au moins, les gens m’appellent par mon prénom. Cette mode hipster du hyper bien sculpté, hyper bien entretenu, hyper sain va, comme cette dictature sociale du tout parfait, peut-être mourir demain. Mais moi, je serai toujours là. Car au final sachez le, je vous survivrai tous.
Cordialement, Jeremy (1)
(1) Le prénom de l’auteur est fictif. (2)
(2) Il s’appelle Benoit (3).
(3) Benoît est également un nom fictif.





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