5 mots sur un piano
- L.
- 1 mars 2021
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 20 juil. 2021
« Je sens la chaleur du soleil me caresser la peau, comme un frisson de douceur qui me parcourt le bras. Je m’éveille lentement. J’ouvre les yeux. La fenêtre est ouverte, j’entends les oiseaux qui chantent au loin. Le soleil n’est pas très haut dans le ciel mais quelques-uns de ses rayons passent au niveau de la fenêtre et illuminent la pièce. Je descends les escaliers au moment où je l’entends. La mélodie. Sa mélodie. J’entends les notes couler les unes derrière les autres dans une régularité et une méthodologie absolue. Elle est talentueuse. Véritablement, une virtuose. Elle me transporte dès que ses doigts de fée effleurent son piano.
Je m’arrête sur le pas de la porte. Elle est là, aussi belle que le jour qui se lève, assise à son piano à tapoter dans une valse infinie entre les noires et les blanches. Elle joue sans partition, elle n’en a pas besoin pour cette mélodie qu’elle connaît par cœur. Elle est vêtue de la chemise que je portais hier, sa tête danse délicatement de gauche à droite au fur et à mesure qu’elle vit sa musique. Elle ne joue pas avec ses doigts mais avec son cœur, avec son âme et cela se ressent, sa musique vibre en moi, me transporte, m’hypnotise. Sa longue chevelure brune sur le côté se balance lentement au rythme des mouvements de sa tête et de son corps parfait. Elle tourne ses magnifiques yeux vers moi, ces yeux pour lesquels j’ai déposé les armes et abattu toutes les défenses autour de mon cœur.
Elle m’a souri, pas de ce sourire classique, non de son sourire, un peu sur le côté, son sourire malicieux, ce sourire qui te dit qu’elle est en train de jouer autant pour elle que pour toi parce qu’elle l’a choisi. Ses jambes magnifiques sont aussi en mouvement, notamment du fait que son pied bat le tempo de sa mélodie. Tout chez elle n'est que beauté absolue. Ses doigts continuent de pianoter, de plus en plus vite, toujours avec cette maîtrise dont elle seule a le secret. Et moi je reste là sur le pas de la porte à l’écouter. Ce qu’elle ne sait pas c’est que je l’écouterai pendant des heures et des heures sans me lasser une seule seconde, car devant moi se tient la plus magnifique des œuvres d’art que le monde n’a jamais porté.
Et nous restons là, moi à la contempler comme la plus merveilleuse des femmes, la plus accomplie des artistes, la plus belle des âmes de ce monde, elle à jouer, tout en souriant et dansant comme si le monde était une fête et qu’elle tenait le rythme de cette fête au bout de ses doigts. Je ne sais combien de temps a passé, ni même si le temps a passé.
Tout ce que je sais, c’est que je souriais quand elle a terminé sa mélodie, elle s’est de nouveau tournée vers moi, son sourire rayonnait sur le monde autant que le soleil et du bout de ses doigts elle a ajouté 5 notes. 5 notes qui ont résonné comme un aveu. 5 notes comme une promesse. 5 notes qui sont devenues 5 mots.
5 mots sur un piano.
‘’Pour toujours et à jamais’’. »





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